Comment se cultive le tabac à Cuba ?

Comment se cultive le tabac à Cuba ?

Le veguero est le nom donné au propriétaire d’une ou de plusieurs plantations de tabac. On peut traduire ce terme par paysan ou agriculteur en fonction des superficies exploitées. Son activité n’est pas de tout repos. Si le veguero possède plusieurs champs, il les cultive en alternance afin de répartir la charge de travail sur plusieurs saisons. Travailler ces plantations simultanément représente en effet une tâche trop lourde, ce qui est susceptible d’être à l’origine d’une baisse de la qualité de la production.

Le planning

Le calendrier de la culture de tabac débute en juin sous l’accablante chaleur estivale de l’île. Il s’étale sur 9 mois durant lesquels les cultivateurs ne connaissent aucun répit. Dans le cas des plantes poussant en sous-serre, il se passe environ 19 semaines entre le moment où les graines sont semées et la fin de la récolte des feuilles. Cette durée est réduite à 16 semaines pour les plantations en plein air. Globalement, une année de culture peut être divisée en 5 périodes. De juin à août, le veguero et son équipe préparent la terre des champs. Entre septembre et octobre, les graines de tabac sont cultivées en semis. En novembre, on obtient des plants qui sont repiqués dans les champs préalablement préparés. À partir de décembre, c’est donc en pleine terre que les plantes poursuivent leur croissance. La période de pousse s’achève en février. Les récoltes ont lieu en mars.

calendrier de culture du tabac

Différence entre culture en sous-serre et culture en plein air

culture des feuilles de capeLa culture en sous-serre (tabaco tapado) concerne le tabac dont les feuilles sont destinées à servir de cape aux cigares. Entre 10 et 20 jours dans la période de pousse, les plantations sont mises à l’abri sous une toiture en mousseline. L’objectif est d’atténuer l’intensité de la lumière du soleil qui parvient sur les feuilles. Dans le même temps, la chaleur diffusée par le soleil reste piégée sous la serre. Pour aller encore plus loin dans le dispositif, chaque plante est recouverte de mousseline. Quant à l’irrigation, elle est minutieusement contrôlée : la plantation est irriguée à des moments bien définis et la quantité d’eau qui y est déversée est rationnée.

La méthode de culture en plein air (tabaco de sol) est utilisée pour les variétés de tabac dont les feuilles servent à la confection de la tripe du cigare et la sous-cape. Cette fois-ci, la plante est exposée aux caprices de la météo, mais surtout, elle est soumise à la toute-puissance des rayons du soleil cubain, réputés pour être forts. Il en résulte des feuilles riches en variété d’arômes lesquels se répandent avec une forte intensité.

Les semis

Traditionnellement, les graines sont plantées dans des pépinières protégées par un toit de paille ou de feuilles de palmier. Une pépinière consiste à surélever des bandes de terre rectangulaires afin de créer ce que l’on appelle des planches. Ces dernières sont labourées, désinfectées, travaillées au râteau, mélangées à du fumier ou de l’engrais complet ou du compost avant d’être finalement aptes à recevoir les graines de tabac.

À l’heure actuelle, la technique du semis flottant reçoit l’adhésion d’un grand nombre d’agriculteurs. Elle consiste à utiliser des plateaux alvéolés en polystyrène. Ils sont disposés dans des bacs remplis d’eau pauvre en nitrate et dans laquelle on a versé de l’engrais complet soluble dédié à l’horticulture. Pour information, l’engrais complet contient de l’azote, du phosphore et du potassium. Les bacs sont gainés dans des bâches en plastique afin de les étanchéifier. Chacune des alvéoles des plateaux reçoit un substrat (terre) spécial où une graine est semée.

Après 45 jours, les graines sont devenues des plants arborant une hauteur de 13 à 15 cm. Il est alors temps de planter ces semis dans le champ pour que leur croissance se fasse en pleine terre.

Le champ

La préparation du champ est fondamentale. Elle requiert de gros efforts physiques et de la persévérance. Primo, le défrichage est un passage obligé. Secundo, pour que les plants de tabac poussent sans encombre et donnent de belles et solides feuilles aromatiques, ils ont besoin d’un sol humifère riche entre autres en humus, profond (les racines sont longues et puisent les sels minéraux en profondeur), bien drainé (de l’eau en abondance est dangereuse pour le tabac, car celui-ci pourrit), frais et aéré. Pour satisfaire ces deux dernières exigences, le labourage du terrain est opéré à plusieurs reprises en veillant d’une part à obtenir un sol affichant un aspect précis (généralement, le cultivateur cherche à constituer des billons même s’il lui est possible de planter à plat) et d’autre part à respecter une profondeur bien déterminée. Encore aujourd’hui, les vegueros optent pour des animaux de trait lorsqu’ils labourent le futur champ de tabac.

Quand 18 à 20 jours sont écoulés à partir de la date des transplantations, l’agriculteur travaille de nouveau le sol. S’il a opté pour une plantation à plat, il procède à un buttage c’est-à-dire qu’il agglomère la terre située aux pieds des plantes. S’il a préféré les billons, il les reforme, car souvent, à ce stade, ils ont commencé à s’affaisser sous l’effet notamment de la pluie. Dans les deux cas, les racines vont gagnent en vigueur.

L’agriculteur procède à l’élimination du bourgeon situé tout au sommet de la plante une fois que celle-ci a atteint une hauteur prédéfinie. En l’absence de ce bourgeon, il se contente de couper le haut de la tige. Cette opération présente l’avantage d’orienter la croissance de la plante vers le développement des feuilles afin que celles-ci s’épaississent, foncent davantage et deviennent plus larges. Mais elle a malheureusement un inconvénient, à savoir, la multiplication des pousses latérales. Lorsque ces dernières atteignent 10, voire 15 cm, il est nécessaire de les supprimer.

La récolte

Le début des récoltes a lieu 40 jours après le repiquage. C’est une étape particulièrement laborieuse dans la mesure où elle est mise en œuvre entièrement à la main. Du coup, on ne peut cueillir que 2 à 3 feuilles en même temps. De plus, les récoltes ne se font pas d’un trait : on distingue en général 4 vagues dans le cas des Tabaco del sol. La première récolte concerne les feuilles de la base appelées Mañanita. Elles sont trop petites pour entrer dans la composition d’un cigare cubain et de ce fait, elles sont affectées à la fabrication des mini-cigares cubains. Au bout de 7 jours, on s’occupe des feuilles Libre de pie situées légèrement au dessus de la base. Les feuilles du milieu, désignées par l’expression Uno y medio, sont prélevées 3 jours après. Enfin, on attend de nouveau que s’écoulent 3 jours pour recueillir les feuilles du sommet (les Corona). À elle seule, une plante de tabac peut mobiliser jusqu’à 30 jours pour que ses feuilles soient toutes cueillies. Grâce à ce procédé, les agriculteurs sont sûrs que toutes les feuilles ont fait leur apparition sur chaque plante lorsque la récolte arrive à son terme. On notera pour finir que les plantes de tabacs cultivées en sous-serre sont les plus hautes et les plus feuillues. Le temps de récolte dure donc plus longtemps puisqu’on compte jusqu’à 9 vagues.

Partagez cet article, ça nous encouragera à en écrire d'autres !

Vous aimez le cigare ? Oui ? Alors parlons-en ici, laissez un commentaire !

Tous les champs sont obligatoires

Nom :
E-mail : (ne sera pas publié)
Commentaire :