Comment les meilleurs cigares sont fabriqués ?

Comment les meilleurs cigares sont fabriqués ?

fabrication cigareLa vallée de Vinales Pinar del rio, c’est de là que vient le meilleur tabac cubain. Les plants de tabac sont cultivés à l’air libre de cette manière, ils produisent une grande variété de bouquets pour l’intérieur du cigare. La cueillette de la sous-cape et de la tripe commence après 50 jours de croissance. La tâche est herculéenne puisque chaque feuille est cueillie à la main pour qu’elle ne subisse aucune détérioration. Les jeunes feuilles du sommet de la plante gorgées de soleil sont celles qui offrent le plus de saveur, elles sont nommées ligero, elles seront mélangées pour la tripe à celles plus basses dites seco ainsi qu’aux feuilles du pied du plant que l’on appelle volado. Entre les deux se trouve la capote que l’on utilisera pour la sous-cape. Pour favoriser la production de grandes feuilles, on élimine le bourgeon dès que la plante a atteint sa taille idéale.

La récolte

Voile de protection de plant de tabac

C’est l’assemblage des 5 types de feuilles selon les secrets de chaque marque qui permettra de déguster son cigare. Mais, nous n’en sommes pas là, le long travail de préparation du tabac va s’étendre sur 2 à 3 ans avant le roulage d’un cigare. Quelle vision insolite que ces grandes surfaces blanches au milieu de la végétation luxuriante. Ces fins voiles blancs servent à protéger les plants de Corojo, ce sont les feuilles de cette variété de tabac qui servira exclusivement à l’enveloppe extérieure ou cape du cigare. Elle mérite donc une attention toute particulière afin de préserver une texture et un aspect irréprochable.

Structure d’un plant de tabac

plant de tabac

Le plant porte 8 à 9 paires de feuilles qui sont classée d’une part selon la hauteur de la pousse et d’autre part selon la couleur. A maturation, les ouvriers cueillent séparément chaque niveau à intervalle de 6 jours. Pour chaque palier, les gestes précis des cueilleurs enlèveront les feuilles au ras du tronc en prenant soin de ne prélever que celles de bonne taille, brillantes, au toucher de velours et dont les nervures sont intactes.

Après la récolte

C’est dans la casa de tobacco à proximité de la plantation que le tabac va subir sa première transformation. Il s’agit là de débarrasser les feuilles de leur eau afin de concentrer leur arôme et leur saveur comme un fruit confit. Pendant plusieurs semaines, elles sont suspendues par petites touffes sur des perches. Dans cette atmosphère chargée d’humidité, les feuilles se transforment sans jamais devenir cassantes, ni pourrissantes. Un contrôle permanent permet de suivre les variations d’hygrométrie. Si nécessaire, l’ouvrier arrosera le sol ou allumera un feu à l’intérieur du hangar pour rétablir le fragile équilibre. Les feuilles virent du vert au jaune, la chlorophylle étant progressivement éliminée. A chaque nouvelle cueillette, les perches sont montées au niveau supérieur jusqu’à atteindre au terme de cette transformation le toit de ces maisons de maturation.

Faire sécher les feuilles

feuille de tabac sèche

Le processus de déshydratation dure environ 50 jours, les feuilles sont devenues d’un brun doré et laissent deviner leur teinte définitive. C’est à ce stade que les acheteurs des fabriques viennent contrôler la qualité de la production et établir leur prix. Les feuilles pour la cape sont assemblées en bottes et recouvertes de feuilles de palmier. Par contre, celles de l’intérieur du cigare le tabacco del sol sont conservées dans des tonneaux en bois. Pendant près d’un mois la température des feuilles est montée jusqu’à 35° sans que jamais cette température ne soit dépassée au risque de perdre toutes les qualités du tabac.

Les fermentations

Après cette première fermentation, la plus violente, les feuilles sont déconditionnées, aérées, rincées pour, à nouveau, laisser le tabac respirer et le préparer aux prochaines manipulations. Les capes sont aspergées d’eau pure pour éviter toutes taches. Par contre, les feuilles de tripe et de sous-cape seront aspergées d’un mélange d’eau et de tiges de tabac pour leurs redonner vigueur. Chaque ouvrière verra la quantité de feuilles prises à l’atelier soigneusement pesée et notée pour que son rendement corresponde aux exigences.

Le passé ouvrier cubain est chargé d’histoire, il est donc naturel de retrouver dans les ateliers, les effigies nostalgiques liées à leur combat. Leurs gestes sont si mécaniques que les ouvriers du tabac ont obtenu au début du siècle que lecture leurs soit faite durant leur période de travail, hier un roman, aujourd’hui Granma, le principal journal de Cuba. Malgré la Carmen de Bizet, les ouvrières, car ce sont des femmes pour la plupart, n’utilisent pas leurs cuisses dénudées pour rouler le tabac, ce travail exige trop de minutie. Les feuilles de la tripe qui forment, rappelons-le, l’intérieur du cigare sont d’abord défroissées, lissées et écotées, c’est-à-dire, que l’on enlève la nervure centrale. Dans le même geste, les écoteuses trient le tabac selon la couleur et la texture.

Ce travail effectué, le tabac part pour une 2ème période de repos. A nouveau, empilés en ce qu’on appelle des burros, les feuilles vont subir leur 2ème fermentation qui durera une soixantaine de jours. La modification chimique produite va augmenter les arômes et les saveurs tout en harmonisant la texture du tabac. La taille de ces burros ainsi que l’humidité du tabac induisent alors une fermentation plus puissante que la précédente et la température s’élève jusqu’à 42°. Lorsque cette étape est achevée, les feuilles sont mises sur les clayettes d’aération, quelques jours seront suffisants pour qu’elles perdent, à nouveau, l’excès d’humidité. Lorsqu’elles auront parfaitement récupérées, le tabac de tripe sera remis en tonneau tandis que celui de cape sera mis en balles d’écorce de palmier en attente des commandes des manufactures quelques mois ou quelques années plus tard.

Départ pour les fabriques

Puis vient le jour du grand départ pour la Havane et leur sublime métamorphose avant de devenir un cohiba, un Roméo et Juliette ou un H Upmann dont les propriétaires avaient également créé le Montecristo. Cette fois, le tabac est acheminé à la manufacture de Partagas, l’une des plus anciennes marques cubaines, dont l’origine remonterait en fait en 1827. Pas de grand local moderne dans cette manufacture, rien n’a vraiment dû changer depuis le début du siècle. Dans la cave proche, quelques ballots attendent le jour de leur traitement dans une température constante. On vient chercher la quantité nécessaire au conditionnement immédiat, le reste attendra. Chaque bouquet de feuilles de cape est secoué, puis légèrement défroissé, avant d’être humidifié avec le vaporisateur très légèrement aux heures les plus fraiches. La nature délicate des capes exige qu’on leurs rende leur souplesse et leur volupteé. Comme des feuilles de salade, les bouquets sont secoués pour éliminer l’excédent d’eau et rendre homogène l’humidité de chaque feuille. Puis, comme à chaque opération antérieure, les feuilles sont mises au repos suspendues pour une nuit. C’est, sans doute, ce long traitement par étapes, ce souci constant de ne rien brusquer, qui font du Havane un produit hors norme.

Ecotage

Le lendemain, les capes arrivent aux mains des despalilladoras aux mains expertes. Le geste de ces écoteuses est envoutant. Dans le même mouvement, sans cesse répété, elles étalent les feuilles d’une finesse incomparable et les séparent en 2 parties en éliminant la nervure centrale. Le petit cadeau (cigare) offert à certaines est une récompense en fonction de leur rendement. Rien ne se perd, le moindre déchet de tabac servira pour la confection de petits cigares. Chaque tiroir porte le nom d’un cigare dont la taille, le diamètre et le poids sont très exactement définis. Par exemple, le Mareva fera 12,9 cm de long pour un diamètre de 1,7 et un poids de 8 grammes alors que le prominente fera 19,4 cm pour un diamètre de 1.95 et pèsera 16,7 grammes. Travaillant sur leurs cuisses, les ouvrières trient les feuilles écotées en fonction de 3 critères : la taille, la texture et la couleur. Pour renforcer les contrastes et éviter d’être maculées de brun, leurs jambes sont recouvertes d’un tissu clair. C’est peut être cette disposition qui a nourri le mythe populaire des havanes roulés sur les cuisses de vierges.

Assemblage

L’écotage des feuilles terminé, elles sont stockées selon les critères énoncés avant d’être apportées par lot d’une cinquantaine aux torcedores littéralement « les tordeurs ». Dans la salle des secrets de fabrication, les maitres mélangeurs gardent jalousement les recettes de mélanges de chaque type de feuille de tripe pour un cigare spécifique. Ce lieu est souvent appelé la barartra ou « jeu de cartes » car l’activité de battre les feuilles évoque l’art de battre de cartes à jouer.

Au cœur de la manufacture se trouve la galleria, des mois quand ce ne sont pas des années, ce sont écoulés depuis la cueillette du tabac. C’est là que les cigarières et les cigariers roulent les feuilles qui deviendront des cigares d’un type et d’un format donné. La table de montage est simple et les instruments limités : une lame « la chaveta » qui sert à couper les feuilles et à lisser le cigare, une guillotine pour ajuster à la bonne dimension, un pot de résine végétale pour coller la tête et enfin un moule. Chaque artisan fabrique ainsi plus d’une centaine de cigares chaque jour et est payé à la pièce. C’est en fonction du cigare à confectionner que les diverses feuilles de tripe sont mélangées, du ligero pour l’arôme, du volado pour la combustibilité, du seco pour la finesse. Véritable spécialiste, le torcedor ne roule qu’un type spécifique de cigare avec une extrême précision quant à ses dimensions. Juste serrées l’une contre l’autre, alors que torsadées elles ne permettraient pas une bonne combustion, les feuilles de la tripe sont maintenues par la sous cape. L’ébauche de cigare est ensuite inséré dans un moule, puis pressée afin qu’elle conserve sa forme.

La cape découpée en un long triangle est enroulée au pied du cigare jusqu’à la tête afin qu’elle ne se déroule pas à la combustion. Un simple point de résine inodore et sans saveur la maintien en place. Un dernier morceau de cape pour recouvrir la tête du cigare et son pied est guillotiné à la bonne dimension. Régulièrement un contrôleur viendra vérifier que la production correspond aux normes de diamètre et de taille. Mais cette tâche s’effectue de manière assez nonchalante car les variations, la plupart du temps, sont infimes.

Une fois roulés, les cigares sont assemblés en fagots de cinquante et entreposés dans des armoires de cèdre pour leurs permettre de perdre l’humidité qu’on a apportée pour la confection. Durant plusieurs semaines, les goûts de différents tabacs vont se mélanger pour atteindre le caractère spécifique du havane voulu.

Le contrôle

On pourrait croire qu’à ce niveau le cigare peut être distribué au négociant, mais cela serait oublier le souci constant de qualité des fabricants. Ainsi, des échantillons de la production sont confiés à des goûteurs pour vérifier que les qualités de goûts, d’arômes, de combustibilité correspondent toujours à l’idéal. Ressortis de leurs armoires, les cigares parviennent au maitre des teintes. Dans ces dernières étapes à la manufacture, c’est une recherche d’harmonie visuelle qui est tentée. Les cigares sont classés par groupes selon un tri comptant plus de 60 nuances de teintes. La mise en boite est confiée à un second maitre qui triera la quantité voulue afin que les cigares soient rangés de gauche à droite du plus sombre au plus clair avec sa belle face visible.

torcedor roulant un cigare

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